Vaccination en Ile-de-France : Risque-t-on la surchauffe ?

Il y a 6 jours 31

On l’a d’abord décrite comme un marathon, elle ressemble désormais davantage à un sprint. Depuis le 12 juillet et les annonces d’Emmanuel Macron relatives au pass sanitaire, la campagne de vaccination a connu un sérieux coup d’accélérateur et les objectifs revus à la hausse.

Désormais, ce sont 50 millions de premières injections qui sont espérées d’ici la fin du mois d’août. Soit un peu plus de dix millions en cinq semaines. Si le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé l’ouverture de cinq millions de rendez-vous dans les jours à venir, certains s’inquiètent déjà de la faisabilité de ce pari en pleine période estivale.

Allongement des délais

En Ile-de-France, où un peu plus de 45 % de la population est entièrement vaccinée – et 10 % en attente de la seconde dose – les effets du discours d’Emmanuel Macron ont été immédiat. Le jour de son allocution et dans les trois jours qui ont suivi, 650.000 rendez-vous ont été pris. Si bien que le nombre d’injections a bondi de 53 % les sept derniers jours, avec 54.000 injections quotidiennes en moyenne. « Notre objectif est de gagner 20 points avant la rentrée », confie-t-on au sein de l’ARS, qui précise que la couverture vaccinale chez les 18-49 ans, a progressé de 3,4 % cette semaine, et même de 4 % pour les 12-17 ans.

Mais qui dit demande exceptionnelle, dit allongement des délais. Si tout au long du mois de juin, le délai d’attente entre la prise de rendez-vous et la première injection était d’environ 5 jours, il tourne aujourd’hui autour de 13 jours, selon les statistiques de Doctolib. Voire plus. Ainsi, 39 % des rendez-vous pris mercredi en Ile-de-France sur cette plateforme auront lieu dans plus de deux semaines.

C’est sûr qu’il y a une pression supplémentaire en ce moment depuis les annonces, mais de nouveaux créneaux sont ouverts chaque jour », précise une source sanitaire.

La dotation de chaque centre est évaluée quotidiennement par l’ARS en fonction de l’affluence, de la demande dans le secteur, de la capacité du centre mais également du personnel disponible.

Fermeture de centre et vaccination sans rendez-vous

Mais cet allongement des délais est également structurel : un quart des centres de vaccination de la région ont fermé ou s’apprêtent à le faire pendant l’été, avec d’importantes disparités régionales. En Seine-Saint-Denis, département dans lequel la population est la moins vaccinée, tous les centres restent ouverts. Dans les Yvelines, en revanche, seuls 42 % seront accessibles cet été. Lors de l’annonce de ces fermetures, l’ARS avait annoncé que 82 % de son offre vaccinale serait conservée. L’annonce du président de la République et la reprise du variant Delta peuvent-elles modifier cet objectif ? « Pour l’instant, on attend de savoir combien de doses nous seront allouées à l’échelle régionale », indique l’organisme.

S’il n’est pas question de rouvrir des centres cet été, les opérations de vaccination éphémères sans rendez-vous pourraient, elles, se multiplier, que ce soit au pied des tours mais également dans les bases de loisirs, à Paris-Plage, dans les centres commerciaux. Une manière pour les plus pressés d’obtenir leur première dose, premier pas vers leur passeport sanitaire. « On observe, depuis les annonces du Président, une plus forte affluence », assure-t-on à l’ARS.

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