Réseau occulte d’ex-policiers au PSG : les trois hommes gardés à vue présentés à un juge d’instruction

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Les trois hommes placés en garde à vue depuis lundi dans une affaire de soupçons de monnayage d’informations ont été déférés ce jeudi matin au tribunal judiciaire de Paris en vue d’une éventuelle mise en examen. Ces trois hommes – deux anciens policiers et un lobbyiste – viennent d’être entendus pendant trois jours dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Et ce dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte en juillet 2021 par le parquet de Paris pour « violation du secret professionnel, trafic d’influence, corruption, faux et usage de faux, aide à l’entrée et au séjour irrégulier en bande organisée, détournement de finalité d’un fichier de données, compromission du secret de la défense nationale et prise illégale d’intérêts ». Ils sont soupçonnés d’avoir sollicité ou utilisé des informations couvertes par le secret au profit de personnes physiques ou morales, dont le PSG.

Ancien membre de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, l’ancêtre de la DGSI), Malik N. rejoint le PSG en 2018 où il s’occupe des relations entre le club de la capitale et ses supporters. Il a récemment mis fin à sa collaboration avec le club. En enquêtant sur une autre affaire dans laquelle il est impliqué, les policiers de la DGSI auraient découvert qu’il sollicitait un ancien collègue pour obtenir des éléments confidentiels issus des fichiers de police, des informations privées comme des numéros de téléphone ou des adresses, des renseignements pour cribler des salariés ou encore faciliter l’obtention des titres de séjours. Le PSG aurait notamment obtenu grâce au réseau de Malik N. des informations sur des procédures judiciaires en cours impliquant ses joueurs, dont celle de la fameuse gifle infligée par Neymar à un spectateur. Ses avocats, Me William Bourdon et Vincent Brengarth, n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Le second gardé à vue est un policier en disponibilité qui travaillait au sein de la direction de la coopération internationale de sécurité de la police nationale. On lui reprocherait notamment une intervention pour l’obtention d’un titre de séjour au profit d’un investisseur du Moyen-Orient, des charges qu’il conteste. Sollicité, son avocat Me Eric Morain n’a pas souhaité s’exprimer.

Le troisième mis en cause, Tayeb B., est un lobbyiste originaire de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) qui avait ses entrées au Moyen-Orient et en Afrique. Contacté, son avocat Me Nabil Fadli n’a pas souhaité réagir. Le nom du lobbyiste apparaît également dans une autre affaire potentiellement explosive dévoilée par Libération. Selon le quotidien, Tayeb B. travaillait depuis 2019 en tant que consultant pour le comité national des droits de l’homme qatari. Une expérience qui s’est brutalement interrompue en janvier 2020 lorsque, dénonce-t-il, il est emprisonné au Qatar sans qu’on ne lui signifie les charges pesant contre lui. L’émirat lui reprocherait d’avoir voulu faire chanter Nasser al-Khelaïfi, le président du PSG, sur lequel il disposerait d’informations privées.

Détenu dans des conditions effroyables -il dénonce des privations de sommeil, des menaces de mort et des simulacres de tabassage- Tayeb B. n’a été autorisé à regagner la France qu’au 1er novembre 2020. Un élargissement qui n’aurait été rendu possible que grâce à la conclusion d’un protocole d’accord entre deux ténors du barreau du parisien, prévoyant la remise de tous ses supports numériques et la promesse de son silence. Toujours selon Libération Tayeb B. et son épouse ont déposé deux plaintes contre X avec constitution de partie civile auprès du tribunal judiciaire de Paris en août dernier pour «extorsion commise en bande organisée, subornation de témoin», ainsi que «torture, arrestation et séquestration, et menaces de mort avec obligation de remplir une condition». Selon un de ses proches, le Quai d’Orsay et l’ONU ont également été sensibilisés au traitement qu’il dénonce au Qatar.

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