PSG Handball : comment Paris a encore vu son rêve de Ligue des champions s’envoler

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Par Romain Baheux, envoyé spécial à Cologne (Allemagne) 

Le

28 décembre 2020 à 21h54

Elle est moins cruelle que le revers sur le fil en finale contre le Vardar Skope en 2017, mais cette défaite contre Barcelone (37-32) renvoie Paris au même point. Meilleure équipe française de la décennie, le PSG Handball peine encore à concrétiser ses rêves de Ligue des champions, compétition qui fuit globalement tous les représentants du club de la capitale.

Mais pour son quatrième échec dans un Final Four déplacé aux derniers jours de l'année par la pandémie de Covid-19, le PSG a la bonne excuse d'être tombé sur très fort ce lundi soir. Trop pour une équipe diminuée par l'absence de longue durée de son maître à jouer Nikola Karabatic et plombé par les mises à l'écart de deux autres joueurs, le demi-centre Luc Steins et le pivot Henrik Toft Hansen, contrôlés positifs au Covid-19 dimanche.

Vainqueurs de leurs 25 rencontres cette saison avant de s'envoler pour Cologne et sa Lanxess Arena vidée par les contraintes sanitaires, les Catalans ont laissé Paris espérer un petit quart d'heure, avant de placer un coup d'accélérateur grâce aux mines de leur arrière français Dika Mem (originaire de région… parisienne) qui a bouclé la première période avec six buts, et aux envolées de son gardien Kevin Möller. 18-14 à la pause, l'écart était creusé. « On a perdu trop de ballons et ils ont fait cette différence à la pause, regrette le coach du PSG, Raul Gonzalez. Ça a été la clé du match. »

Déjà tournés vers la Ligue des champions 2021

« On a mis de l'agressivité pour commencer fort, on s'est battus mais leur rotation a fait la différence, résume Nedim Remili. Ils ont fait les changements que l'on ne pouvait pas faire, c'est ce qui leur a permis de garder cette intensité. On a essayé de suivre le rythme, mais on a bricolé avec ce que l'on avait aujourd'hui. On a beaucoup couru, mais ça n'a pas suffi. »

Face à ce qui se fait de mieux sur le continent actuellement, Paris a voulu se convaincre qu'il avait le souffle pour revenir en seconde période en se créant l'opportunité de revenir à deux buts d'écart à un quart d'heure de la fin. Une chance gâchée par une nouvelle perte de balle de son géant Dainis Kristopans (2,13 m). La dernière ouverture laissée par le Barça. « On n'a pas réussi à réduire cet écart, puis l'élastique s'est tendu, glisse le gardien Vincent Gérard. On s'est battus, mais ils ont bien joué le coup. »

Mardi, le PSG retrouvera pour la troisième fois le match pour la troisième place de la compétition. « On ne veut pas rentrer chez nous avec deux défaites », lance l'ailier espagnol Ferran Solé. Mais lundi soir, les Parisiens évoquaient déjà un autre Final Four, celui de juin au même endroit. « La Ligue des champions 2020 va se terminer, place à la 2021, lance Gérard. Et on va tout faire pour qu'elle finisse mieux. »

« Paris est moins fort qu’il y a quelques saisons »

Grégory Anquetil, vainqueur de la Ligue des champions 2003 avec Montpellier, souligne la baisse de compétitivité de l’effectif parisien lors de cette nouvelle défaite en Final Four de Ligue des champions :

« Barcelone nous a d’abord offert une démonstration de handball. C’est une équipe vraiment impressionnante mais ce n’est pas étonnant quand on est le Barça. Le gros problème du PSG est qu’il a cruellement manqué de rotations et s’est montré trop faible sur sa base arrière. Là où le Barça n’a aucune faiblesse, Paris en a trop. Les absences de Niko (Karabatic) et de Steins n’ont pas été comblées. Nedim Remili qui a fait un bon match a été obligé de jouer demi-centre qui n’est pas son poste habituel. Pour espérer gagner, Paris devait compter sur un très bon Kristopans mais le géant n’a pas été à la hauteur de l’événement.

C’est dans ces matchs-là qu’on peut regretter le départ de Sagosen cet été. Il me semble aussi que Paris est aujourd’hui moins fort qu’il y a quelques saisons quand Narcisse était encore là par exemple. C’est dommage parce qu’avec ce Final Four sans public, le PSG avait une très belle carte à jouer. Sera-t-il plus fort s’il revient là en 2021 ? Je n’en suis pas sûr car je ne suis pas certain que Niko sera suffisamment rétabli pour jouer une finale de Ligue des champions à ce moment-là. »

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