Football amateur : le blues des jeunes qui rêvent de devenir pros

Il y a 1 année 227

Désabusés, inquiets… Les jeunes footballeurs franciliens vivent mal le fait d'être privés de leur passion. Après l'arrêt des championnats en mars dernier en raison de la pandémie de Covid-19, les minots pensaient que cette période difficile était derrière eux. Mais la crise sanitaire a amené le gouvernement a stoppé une nouvelle fois les compétitions amateurs depuis deux mois. La reprise des matchs est prévue le 20 janvier si la situation sanitaire s'améliore. En attendant, les jeunes rongent leur frein.

« C'est compliqué pour eux, confie Ahmed Hadef, président du FC Montfermeil. Chez nous, seuls les mineurs peuvent s'entraîner. Dans la catégorie U19 (moins de 19 ans) par exemple, une partie de l'équipe s'entraîne et pas l'autre. » Merwane Serbouh, qui vient d'atteindre la majorité, est de ceux qui sont privés de terrains. « Je trouve cela très injuste, lâche l'étudiant en BTS gestion de la PME. Entre la fin des championnats en mars dernier et l'arrêt actuel des compétitions et des entraînements, j'ai l'impression d'avoir perdu un an. Je m'entraîne tout seul pour garder le rythme mais ce n'est pas simple. »

Les clubs franciliens stigmatisent aussi la différence de traitement entre les amateurs et les centres de formation. « Deux de nos catégories (U17 et U19 nationaux) participent au même championnat que des clubs pros mais nous ne bénéficions pas des mêmes conditions pour nous préparer, peste Ahmed Hadef. Eux s'entraînent tous les jours et seront au top au moment de la reprise. Ce sera moins le cas pour nous. » Un sentiment partagé par Mathieu Laporte qui s'occupe de la formation du Montrouge FC : « Les centres de formation n'ont pas fermé et leurs jeunes s'entraînent toute la semaine en disputant des matchs amicaux le week-end alors que nous devons nous adapter à la situation de notre côté. Avec la mise en place du couvre-feu le 15 décembre, on a avancé d'une heure les entraînements programmés à 18 heures alors que certains gamins sortent tout juste de l'école et viennent de loin. La séance dure entre 45 et 50 minutes, sans contact en suivant le protocole sanitaire à la lettre. »

« On va avoir moins de matchs pour monter notre niveau », déclare Chérif Tammar, jeune milieu à Montrouge

L'inquiétude règne en tout cas dans les rangs de jeunes qui espèrent faire carrière, avec l'espoir d'être recrutés en fin de saison par un centre de formation et de caresser le rêve de devenir pro. « On va avoir moins de matchs pour monter notre niveau, considère Chérif Tammar, 16 ans, milieu défensif à Montrouge. Il y a beaucoup de recrutements dans la catégorie U17. Il faudra hausser notre niveau à chaque rencontre pour montrer notre valeur. On ne perd pas espoir mais ce ne sera pas simple. »

Les éducateurs et les directeurs de centre de formation sont, eux, moins pessimistes dans cette période inédite. « Les recruteurs sont compétents, ils sont capables de déceler les qualités du joueur même si celui-ci a un manque au niveau athlétique, assure Mathieu Laporte. On a aussi un réseau qui marche, les clubs pros nous font confiance sur un ou deux profils. » « Si les compétitions redémarrent en début d'année, il y aura suffisamment de rencontres pour faire une évaluation sur les aptitudes d'un joueur, garantit Armindo Ferreira, directeur du centre de formation de Châteauroux (L2). On suit également certains profils depuis plusieurs années. Des détections ont déjà eu lieu en septembre et octobre en région parisienne, et d'autres sont encore prévues. »

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